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mercredi 27 juin 2007, 16h17
TEHERAN (AP) - L'attente aux stations-service a viré à l'émeute dans plus d'une douzaine d'établissements de Téhéran mercredi matin, où des automobilistes furieux contre le soudain rationnement de l'essence ont mis le feu ou saccagé les installations, selon des témoins. Le gouvernement prévenait depuis plusieurs semaines qu'il allait rationner le carburant mais il n'a annoncé que trois heures avant son entrée en vigueur que cette mesure s'appliquerait à partir de mardi, minuit. Pris au dépourvu, de nombreux Iraniens se sont précipités aux pompes. Bien qu'étant l'un des plus grands producteurs de pétrole du monde, l'Iran doit importer plus de la moitié de ce qu'il consomme, faute de capacités de raffinage suffisantes. Le gouvernement, qui subventionne largement l'essence pour maintenir des prix bas, tente donc de réduire sa participation pour réaliser des économies. Le rationnement alimente le mécontentement d'une partie de la population, qui a déjà subi la hausse des prix de l'essence le mois dernier ainsi que celle, depuis un an, du logement et de l'alimentation. Elle critique l'impuissance du président Mahmoud Ahmadinejad, élu en 2005 sur la promesse de soutenir l'économie et d'aider les plus pauvres. Selon des témoins, la ruée sur les stations-service a mal tourné mardi soir lorsque des gérants ont décidé de fermer les robinets avant minuit, au motif qu'ils devaient adapter leurs systèmes aux nouvelles règles. "Cela a fâché les gens qui attendaient et ils ont attaqué les pompes", a déclaré Rasoul Enayati. Le porte-parole des pompiers Behrouz Tashakkor a précisé que 12 stations de Téhéran avaient été incendiées, tandis que le chef de la police iranienne, le général Ismail Ahmadi Moghaddam, faisait état d'un total de 17 stations endommagées, ainsi que des voitures et d'autres bâtiments, parmi lesquels des banques. La télévision d'Etat a signalé des arrestations. Des informations non confirmées faisaient état d'attaques de stations-service dans d'autres villes du pays. Des députés iraniens ont critiqué la brutalité du rationnement et se sont déclarés inquiets pour la sécurité. On faisait toujours la queue pour l'essence mercredi mais les files d'attente avaient diminué par rapport à la veille. Des policiers gardaient certains établissements. Les automobilistes ne peuvent plus désormais acheter que 100 litres d'essence subventionnée par mois, 800l pour les taxis. Au-delà de cette quantité, le prix sera plus élevé mais n'a pas encore été fixé. Depuis la hausse de 25% du 21 mai, le carburant coûte 1.000 rials du litre (0,074 euros). Les conservateurs au Parlement iranien, en particulier ceux qui sont proches du groupe pétrolier national, militent depuis longtemps en faveur d'une augmentation du prix dans l'espoir que cela limite la demande et que l'Etat puisse investir davantage dans la production de pétrole et de gaz, mais le président Ahmadinejad se montre réticent car il avait promis pendant sa campagne électorale que les recettes du pétrole profiteraient aux pauvres. AP st/v450
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